mardi 15 janvier 2013

L'"homophobie" introuvable?


Je viens de prendre connaissance d'un billet d'un jeune homosexuel, qui réagit en termes très durs à la manifestation du 13 janvier dernier contre le "mariage pour tous", en rappelant les moqueries et les brimades qu'il a subies toute sa vie du fait de son orientation sexuelle:

"[...]Vous grandissez et arrivez au collège. Vous devenez « la pédale » puis « le pédé ». Un jour vous entendez pour la première fois le mot « tante » mais vous ne saisissez pas pourquoi le frère d’une de vos copines de classe vous a dit ça. Un autre jour, c’est « tapette » puis « tarlouse ».

Parfois, il n’y a pas de mot. Juste un geste de la main, ce geste si féminin d’une main qui se rabat. Et ça arrive devant vos parents. C’est la première honte de votre vie. Ce même geste, un jour, votre prof de français de troisième va le faire devant toute votre classe. C’est la première humiliation de votre vie. Il appellera le soir même à la maison pour vous présenter ses excuses. Vous accepterez en le remerciant alors que vous vous vouliez juste lui dire d’aller se faire foutre. Et quand vos parents vous demanderont pourquoi il vous a appelé, vous prétexterez autre chose.

Vous allez grandir comme ça. Vous construire comme ça. Du primaire au lycée, puis à la fac. Rien ne vous sera épargné. Vous n’êtes pas une fille. Vous n’êtes pas un garçon. Vous êtes le pédé. [...]

Et moi j’ai honte pour vous. Et je vous HAIS. Je hais chacun de ceux que j’ai pu voir dans les médias. Je hais chacun de ceux dont j’ai vu les noms participants à la Manif pour Tous. Triste événement de notre histoire que nous devrions appeler « Manif contre Nous ». Je vous hais et j’ai souhaité si fort que vous mourriez tous dimanche. Je plains vos enfants, vos futurs enfants, ceux qui deviendront peut-être des garçons ou des filles comme moi, ceux qui le sont déjà et qui doivent terriblement souffrir de votre bêtise.[...]"
On peut certes objecter, et j'ai vu tout à l'heure certains de mes contacts Facebook commencer à le faire, que la "manif pour tous" n'est pas contre les homosexuels mais pour la famille, que ce n'est pas le mariage homosexuel en lui-même qui est contesté mais son lien avec la filiation, voire avec l'extension de la PMA... On peut aussi contester que les manifestants soient animés d'une aversion particulière à l'encontre des homosexuels: je me rappelle par exemple que le blogueur Koz avait en son temps sévèrement critiqué les contre-manifestations catholiques contre les "Kiss In", et s'était interrogé sur la facilité qu'il y avait à demander dans l'Eglise aux homosexuels de rester continents à vie. Enfin, j'avoue que je suis plus que réservé sur l'usage des noms en "-phobe", comme je l'ai expliqué jadis sur mon autre blog à propos de la "christianophobie" (quoique le mot "homophobie" me parait avoir un peu plus de sens en France aujourd'hui).

Il n'empêche: je me souviens avoir été témoin des moqueries que ce blogueur homosexuel décrit au collège, au lycée, dans la vie courante, professionnelle, familiale... Je me rappelle avoir moi-même fait des plaisanteries sur les homosexuels, sur l'homosexualité... D'y avoir ri, au visionnage de films, de téléfilms, de dessins animés... En lisant certains romans, certaines bandes dessinées... D'avoir participé  à la réception et au partage de ce substrat culturel qui nous influence, et nous accoutume à l'idée d'une homosexualité honteuse et un peu ridicule. A vai dire, j'entends beaucoup de catholiques protester de leur absence d'"homophobie", mais j'ai l'impression de l'être au moins un peu, homophobe, malgré tous mes efforts, tellement j'ai été habitué à cette image de l'homosexuel "tapette"...

Alors je crois que beaucoup de catholiques mobilisés contre le "mariage pour tous" sont sincères quand ils protestent de leur amitié avec des homosexuels, de leur dégout des discriminations menées contre eux, de leurs efforts pour ne pas être homophobes, que ce soit dans leur coeur ou dans leurs actes.

Mais je n'ai pu ces derniers mois m'empêcher d'entendre, de la part de personnes que je connais, dans ma paroisse ou ailleurs, des propos sur le débat en cours qui commençaient par "les homosexuels... les homos... les gays...". D'entendre jusque dans ma famille des gens dire "je n'ai rien contre le fait qu'ils se marient, ils font ce qu'ils veut, mais...", avec cette petite connotation de dégoût attaché au pronom "ils", comme si on parlait d'une bête de foire ou d'un sujet un peu honteux, un peu tabou. J'ai bien noté des (petites) améliorations au fil des années dans la perception sociale de l'homosexualité, que je crois cependant davantage due aux efforts du "lobby" LGBT (y at-il vraiment un lobby? Les courants apparaissent bien morcelés, et puis après tout, Alliance Vita est aussi un lobby, et ça n'a rien de mal en soi...) qu' à ceux de l'Eglise, qui affiche certes de manière très explicite une forme de bienveillance envers les personnes homosexuels (par opposition aux "actes", mais quand on parle d'orientation sexuelle, cette distinction a-t-elle vraiment du sens?) et condamne les discriminations, mais sans qu'on voit très précisément quelles actions concrètes elle propose pour que les catholiques et la société leur fassent un meilleur accueil. Et certes il y a des homosexuels qui soutiennent la "manif pour tous": une petite poignée autour du site Homovox, Xavier Bongibault, dont les débordements verbaux et le militantisme interrogent parfois, comme ce dimanche avec sa comparaison entre Hollande et Hitler, apparemment une récidive,  et Philippe Ariño, dont l'itinéraire personnel est très respectable, admirable même dans ce choix de la continence totale après un parcours tumultueux, mais dont on peut contester la propension à généraliser son témoignage sous forme d'énoncés qui prétendent dire l'essence de l'homosexualité, à partir d'arguments d'apparence très empirique et subjective sur son observation du milieu homosexuel (les homosexuels qu'il a pu fréquenter  sont ils le microcosme de l'homosexualité en général, et son regard sur eux est-il en correspondance avec l'essence de leur désir? ), et d'emprunts au vocabulaire psychanalytique (le principe de réalité par exemple), qui apparaissent compris d'une manière très affaiblie, voire pas compris du tout. 

Plus gravement, voir tant de catholiques s'enthousiasmer,  au détriment trop souvent d'expériences contraires,  pour le témoignage d'un homosexuel en particulier (et des quelques autres homosexuels qui le soutiennent, par opposition aux très nombreux qui le contredisent),   pour qui le désir homosexuel est lié de manière "non causale" à un fantasme de viol ("Et si le secret de l’homosexualité, c’était minoritairement le viol, et majoritairement le fantasme de viol ?" Araignée du désert, code n°178 "le viol"), sur la base d'une analyse qui semble tout de même très subjective, voire subjectiviste, et qui, cultivant un goût gratuit et amphigourique pour les formules paradoxales, décrit le combat pour les droits des homosexuels comme "homophobe" ("La vraie homophobie, ce n’est pas uniquement être trop méchant envers les individus homosexuels : c’est aussi être trop gentil. C’est pourquoi une société gay friendly et relativiste constitue une menace pour la communauté homosexuelle." Araignée du désert, Le Phil de l’Araignée 2: On n’a rien compris à l’homophobie...), me conduit précisément à mettre en doute une bienveillance envers les homosexuels que je supposai naïvement, avant cet été, acquise chez nombre d'entre eux. Comme si la pensée de Philippe Ariño venait répondre à une demande, celle d'une conciliation des textes de la Bible et du Magistère (parfois très durs contre l'homosexualité: on a reproché à des twittos ce dimanche dernier de diffuser une affiche de Civitas qui citait le Catéchisme de l'Eglise Catholique, sur l'"homosexualité comme acte intrinsèquement désordonné" en l'attribuant à la Manif pour tous, qui est certes "areligieuse" mais très soutenue par l'Eglise,, mais ce texte, c'est celui de notre catéchisme, de notre Eglise, qui visiblement n'est pas si facile à assumer dans la vie de tous les jours)  avec un souci de bienveillance envers les personnes homosexuelles (conciliation pas toujours si évidente que ce qu'on se dit parfois entre catholiques) comme si le fait qu'un homosexuel dise "vous avez raison", aussi contestables que soient les arguments qu'il avance, venait soulager les consciences. 

Après, je ne dis pas qu'il n'y a rien d'intéressant dans ce qu'il écrit: son témoignage est tout à fait à prendre en compte. Mais il est à mettre en regard, d'autant plus ce ce qu'il affirme des choses très graves sur la nature du désir homosexuel,  avec les témoignages de nombreux autres homosexuels (je ne crois pas un seul instant à la soit-disante "majorité silencieuse des homosexuels" qui serait contre le mariage pour tous ou qui vivrait l'homosexualité comme une "blessure") qui disent le contraire: pas à négliger à leur profit, mais pas non plus à instrumentaliser comme une manière détournée de leur confisquer leur parole... Et malheureusement, j'ai bien l'impression que son témoignage et celui de quelques autres sont utilisés de cette manière, comme argument ultime, imparable, contre les critiques en provenance d'homosexuels ou de défenseurs des droits homosexuels, pour ne pas avoir à écouter ni même entendre ces derniers.

Inversement, j'ai commencé à suivre depuis quelque mois divers LGBT sur Twitter, et je vois la peur et le profond malaise qu'ils expriment à chaque manifestation des opposants au projet de loi, et beaucoup de ces témoignages me paraissent sincères, et me touchent au plus profond de mon coeur.

Alors je n'en fait pas un argument en faveur du "mariage pour tous", je ne sais pas d'ailleurs, faute d'expertise ou de témoignage personnels que je pourrais apporter au débat,s'il y a lieu d'être pour ou contre (même si je suis de plus en plus pour): j'ai vu des argumentaires très travaillés par des personnes que je connais un peu personnellement et qui ne me paraissent pas haineuses envers les homosexuels, ainsi Koz ou Nicolas Mathey, qui s'opposent très fermement au projet de loi. Ils ne m'ont pas convaincu, y compris sur les risques supposés de l'homoparentalité, mais peut-être est-ce moi qui les ai mal compris (cela dit, je pense aussi que l'Eglise n'a pas suffisamment, très loin s'en faut, pris la mesure des "études de "genre" et de la critique qu'elles font des conditionnements sociaux qui influent sur notre perceptions des différences entre les deux sexes, ce qui empêche les catholiques d'être complêtement convaincants lorsqu'il parlent de la complémentarité des sexes, de la famille comme cellule de la société etc. Cette remarque ne visant pas ces deux blogueurs en particulier).

Mais ce qui me blesse et, à dire vrai, finit par vaguement m'écoeurer, dans cette mobilisation (encore plus que dans celle de Civitas), ce sont toutes ces protestations de non "homophobie", d'amour et de respect des homosexuels, voire de "vraie" lutte contre l'homophobie. Je suis persuadé qu'il y a des personnes parmi les manifestants d'avant-hier qui ont beaucoup moins de préjugés sur l'homosexualité que moi, mais enfin, bien sûr que la plupart d'entre nous avons un biais contre les homosexuels! Nous baignons dans une culture qui les a longtemps exclus, puis ridiculisés. Nous avons pour beaucoup d'entre nous, et moi le premier utilisé régulièrement de manière péjorative des termes qui renvoient à l'homosexualité ("tapette", "pédale", "tante" etc.), et avons souri au spectacle d'hommes éfféminés ou de femmes un peu trop masculines.  Ca ne veut pas dire que nous "haïssons" les homosexuels, ou que le projet de loi n'est pas mauvais (je n'en sais pas grand chose), mais quitte à le combattre, autant reconnaitre que la plupart d'entre nous portons, souvent peut-être à notre coeur défendant, mais de manière assez profonde, dans nos actes, nos paroles, notre regard, ce biais envers les homosexuels. Et pour ceux d'entre nous (ce n'est pas mon cas actuellement) qui nous opposons à ce projet de loi, continuons à agir en conscience, donc à nous y opposer, mais en considérant notre conscience toute entière, et en nous demandant quel est notre regard sur les homosexuels, et comment nous pouvons le faire évoluer pour le faire correspondre à un amour véritable. Ce qui à mon avis ne passe pas par des condamnations, face aux témoignages du type de celui qui ouvre ce billet (je viens de voir un contact facebook, que je respecte beaucoup par ailleurs, le qualifier de "ridicule" et l'accuser d'inverser la haine) mais par le fait de reconnaitre, que oui, la plupart des comportements qu'il dénonce sont fréquents, et que quitte à continuer à combattre le mariqage homosexuel ou tout du moins certaines de ses conséquences, on les confesse et on réfléchit (concrètement, pas des des rappels de principe faussement bienveillants sur la condamnation de toute discrimination) à notre part éventuelle de responsabilité et à ce qu'on peut faire pour changer ce regard et ces actes chez nous et chez les autres, en tant que personnes, que citoyens et que catholiques. Evitons en tout cas les formulations péremptoires et les fausses évidences: "tu n'as rien compris, je n'ai rien contre toi, mais je défends les enfants" (comme si aujourd'hui encore les préjugés n'avaient pas la vie dure chez nous tous)et reconnaissons au moins que la perception de l'homosexualité pèse au moins en partie dans notre point de vue du débat, et dans nos représentations sociales) quitte à parler aussi des problèmes de filiations, etc.

Ce qui vaudra toujours mieux que ces protestations souriantes du type: "Mais non voyooons, ça n'a vraiment auuucuunn rapport avec le fait que vous soyez homosexuels.", assez souvent prolongées par des "Faut-il que vous soyez haineux envers nous, cathophobes, pour dire ça!!!" qui franchement m'ont mis vraiment très mal à l'aise, m'ont même blessé dans ma foi, dans ce qu'elles m'ont paru avoir d'hypocrites (tous les catholiques ne sont pas mal disposés envers les homosexuels, mais comment nier que la majorité a au moins quelques préjugés et représentations fausses bien ancrés?), qui m'ont éloigné de manifestion du type de celle du 13 janvier, et me pousseront peut-être (peut-être) à défiler le 27.

Et quoiqu'il en soit, je m'interroge, beaucoup plus qu'avant, et je continuerai, sur ma perception de l'homosexualité et des homosexuels: car tout n'est pas clair dans celle-ci, que je me considère dans ma personne ou dans les opinions que j'associe à ma foi. Le projet de loi à de grandes chances de passer, mais, qu'il soit bon ou mauvais, si chacun de nous en profite pour se livrer à cet examen de conscience, je pense qu'au moins un bien en sera sorti...

16 commentaires:

  1. Merci pour ce texte sincère. Je partage un grand nombre des questions que vous posez. Je me reconnais aussi dans votre histoire personnelle avec les personnes homosexuelles. L'un de mes frères, lui-même homo, m'a beaucoup "éduqué" sur la vérité de mon homophobie "socio-culturelle". Rien n'est si clair dans toute cette affaire qu'on veut bien le croire... C'est moins un débat qu'il faut sur ces questions que des examens de conscience. Merci de montrer le chemin!

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  2. Merci à vous pour cette réaction... :)

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  3. Intéressant comme présentation, je permets toutefois quelques remarques.

    Si homophobie il y a, il y a certainement du côté des pour non en le sens où ils l'afficheraient mais dans le sens où ils chercheraient à l'exercice. En effet, la majorité des pour (les 60% que l'on nous présente à chaque sondage) est hétéro et ne doit pas avoir d'enfants homos. Cependant, il y a une culpabilisation constante sur sa propre homophobie et l'on cherche une sorte de "rituel de purification" comme cette loi. C'est un peu comme le rituel du bouc émissaire dans l'ancien testament: les gens chargent leurs péchés sur un animal pour se purifier faute de pouvoir affronter leurs propres erreurs par eux-même.

    On peut discuter longuement des dispositions et de l'esprit de cette loi (et on l'a fait) mais l'argument d'une moindre homophobie me semble fallacieux: la majorité des pour se dira "purifier" par cette loi et retournera à ses préjugés. Le problème de l'homophobie ne réapparaîtra plus de façon éclatante et énorme comme une situation juridique mais de façon latent et diffus ce qui sera difficilement extricable surtout pour un pays qui a dû mal à organiser l'éducation de ses enfants.

    Ces histoires vont nous mener je ne sais où et personne n'en ressortira indemne: c'est pour ça que j'ai préféré prendre mes distances avec ce débat qui part de toutes façons en vrille même si mon opposition à ce projet n'a pas changé. Je sais ça fait un peu Jonas dans sa baleine mais ce débat était de toute façon piégé. D'ailleurs, un conseil: si tu es encore indécis, laisse faire les choses et essaie de penser à autre chose. La guerre au mali arrive d'ailleurs à point nommé pour occuper l'espace médiatique.

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  4. Je pense qu'en effet personne ne peut se vanter de n'être absolument pas homophobe, ni raciste, ni sexiste ; on l'est tous un peu. Sans compter que moi qui me vantait d'être "catho-friendly" et avait toujours un préjugé favorable en faveur de l'islam, je me surprends à avoir des réflexes anti-religieux... Mais l'essentiel est d'être attentif/ve à ses propres préjugés et les combattre, en veillant à ce que les personnes concernées n'en souffrent pas. Pas sûr que tous les manifestants du 13 aient pris cette peine...

    Merci pour ce billet plein de sincérité.

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    1. Je travaille dans un milieu juridique ou l'on fait énormément de droit de la famille. Il m'est parfois demandé d'apporter des conseils ou solutions juridiques aux couples qui viennent demander ces conseils. Parmis eux, quelques coupes homosexuels, très rare quand même, ce qui démontre que l'homosexualité est loin d'être une norme, mais plus une minorité. Le PACS était fait pour eux. Or des rares homosexuels que j'ai pu rencontrer dans mon milieu professionnel, AUCUN (je dis bien AUCUN) ne s'est résigné à conclure ce contrat, qui pourtant leur ouvraient des perspectives fiscales et même juridiques bien plus intéressantes que le simple concubinage. On leurs proposent, mais ils refusent. aussi je m'interroge, rien que de ce point de vue sur la nécessité d'ouvrir le mariage aux couples de même sexe...
      Pourtant, j'ai manifesté contre ce projet de loi. Je l'ai fait, non contre les homosexuels, mais pour le mariage qui est légalement l'union entre un homme et une femme (pour combien de temps), institution de la République, considérée comme telle par la jurisprudence française depuis tout le temps. Ce projet de loi juridiquement est la mort d'une institution, et je ne peux m'y résoudre. comme vous le soulignez, ce projet pourrait à plus ou moins longue échéance ouvrir droit à la PMA, mais aussi aux conventions de mère porteuses, qui sont également considérées actuellement comme immorales selon notre droit. Puis également, que devient la "présomption de paternité" dans le Code Civil ? Avec ce projet de loi, cela n'a plus aucun sens, et démontre tout simplement d'une dénaturation du lien familal qui veut qu'un enfant naisse d'une union entre un homme et une femme. Egalement, est ouvert un mariage ou la finalité procréatrice légiférée dans le Code Civil va disparaître. On pourrait donc se marier sans avoir nécessairement envie d'avoir des enfants, ce qui légalement, dans notre droit, est une cause de NULLITE du mariage. On pourrait donc également concevoir que le mariage puisse donc s'annuler pour manquement au devoir conjugal d'avoir des relations sexuelles, mais là aussi, ça pose problème : si THEORIQUEMENT, il est possible d'annuler un mariage entre un homme et une femme pour défaut de relations sexuelles, et je ne veux pas faire ici d'homophobie, comment cela pourrait il être possible entre deux personnes de même sexe ?... Car pour le coup, c'est PRATIQUEMENT et THEORIQUEMENT impossible. Donc on se marie pourquoi ? Pour avoir des enfants ? C'est impossible naturellement pour des couples de même sexe, et on prétend donc qu'il faille leur ouvrir le droit d'adopter, droit qu'ils ont DEJA depuis un arrêt de 2008 de la CEDH. Le mariage ne vient donc même pas leur conférer de droits supplémentaires, si ce n'est sur un plan purement fiscal (ce qui est déjà reconnu par le PACS, avec un testament), et les quelques "miettes" qui restent pour le conjoint suvivant (et encore, il est possible d'avoir les mêmes droits en vertu d'un testament) : pour l'essentiel, seul le droit tempoaire au logement d'un an prévu dans le code Civil et d'Ordre Public pour le conjoint survivant manque actuellement aux couples non mariés : il n'y a pas de quoi foueter un chat à ce niveau là.

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    2. Donc, en fait, et en résumé, sur un plan juridique et fiscal, ouvrir le mariage aux couples de même sexe ne va pas considérablement changer la donne concernant les droits des homosexuels à avoir les mêmes drois que les couples étérosexuels mariés, puisque pour la plupart, il les ont déjà.
      PAR CONTRE, cela va changer notre vision de la famille. Si les couples homosexuels ne peuvent avoir naturellement des enfants, on va leur ouvrir droits à l'adoption, droit qu'ils ont DEJA. MAIS, vu comment il est compliqué d'adopter aujourd'hui en France, ne serait ce que lorsqu'on est un couple éterosexuel, on convient que ça ne sera pas plus facile pour des couples homosexuels qui n'auront de toute manière pas plus de chance d'adopter que les autres couples. De plus, certains Etats étrangers dans nos pays occidentaux sont friands en termes d'adoption ont fait savoir qu'ils refuseraient l'adoption à des Etats ayant admis le mariage aux couples de même sexe (dont la Russie, et d'après ce que j'ai compris, la majeure partie des pays de droit coranique... il ne va pas rester grand monde sur le marché de l'adoption...). Alors, on va ouvrir droit à la PMA (car PMA, il y aura, c'est sûr, ce n'est qu'une question de temps), et aux conventions de mères porteuses... Quid du père qui par accident, saura qu'il est le généreux donateur de sa semence à une autre femme ? Quid de l'enfant qui a envie de le savoir ? Mais en réalité, si on ouvre la PMA et tuti quanti aux couples de même sexe pour leur permettre d'avoir des enfants, on l'ouvrira EGALEMENT aux autres couples : ceux qui ne peuvent pas avoir d'enfants naturellement, par exemple, et puis même ceux qui peuvent... Après tout, il n'y a pas de raison non plus que de le leur interdire...
      Il s'agit donc d'une attaque CONTRE la famille, structure de base de notre société, qui veut que le lien naturel qui s'établi se fasse par l'union d'un homme et d'une femme auxquels on reconnaît des droits... Après tout, ce sont eux qui vont élever l'enfant.
      En réalité, que des couples homosexuels puissent adopter ne me gêne pas plus que ça, puisqu'en définitive, un enfant bien élevé par des personnes de même sexe vaudra toujours mieux qu'un enfant mal élevé par un couple étérosexuel, et ça s'est déjà vu. En plus, ce droit leur est déjà reconnu, et il n'y a pas besoin d'institutionnaliser le mariage pour les couples de même sexe pour cela. Mais ce phénomène doit tout de même rester l'exception pour des raisons purement naturelles évidentes.
      Ce qui me gêne, c'est qu'on dénature le mariage.
      On va tellement le dénaturer que je vois déjà poindre la prochane étape de cette révolution : une critique acèrbe de l'Eglise Catholique qui a TOUJOURS reconnu que le mariage était l'INSTITUTIONNALISATION de l'union entre un homme et une femme, érigé au rang de SACREMENT DIVIN (ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas). le MARIAGE est éminement sacré quand on est catholique. Il est un moyen de salut... Il est d'ailleurs peut être même AVANT TOUT un moyen de salut pour l'homme et pour la femme, et je crains que dans les années à venir, on vienne voir sur TF1 ou autre chaines assimilées des "spécialistes" en rien du tout venir faire la leçon à l'Eglise catholique de ne pas vouloir élargir son institution aux couples de même sexe. Elle en sera bafouée, taxée d'homophobie, ce qui au final finira par justifier réellement la cathophobie ambiante... Tout ça me dégoûte, cher Manu, et je pense que tu devras bientôt réviser ton opinion sur le therme catho...phobe, parce que bientôt, tu seras taxé d'homophobie parce que tu es chrétien...
      Notre seule chance : c'est que si la loi passe, les couples homosexuels ne se marient pas (comme déjà ils ne se pacsent pas, je ne vois pas pourquoi ils iraient se marier).

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    3. FIN COMMENTAIRE

      POUR CONCLURE : le mariage pOur tous, ce n'est pas fait pour reconnaître des droits aux couples de même sexe. En fait, on s'en fout complètement, ils ne sont qu'un prétexte ; ce n'est ni plus ni moins qu'une attaque dirigée exclusivement contre l'Eglise catholique, contre la conception chrétienne de la famille (et c'est vrai, il y a du gender là-dessous).

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    4. @etienne:

      Aurais-tu une explication sur le refus de ces homosexuels de conclure un pacs?

      Sinon, tu auras compris en lisant mon billet que je n'exclue nullement le fait que des personnes s'opposent au projet de loi pour des interrogations legitimes sur les consequences pour la filiation. Par ailleur, j'avoue que les questions proprement juridiques me depassent un peu...

      Mais je persiste à penser que cette polemique fait remonter plein de non dits sur la perception des homosexuels dans notre societe. J'en veux pour preuves le succès des thèses fumeuses d'Ariño, et le refus total et finalement revelateur d'admettre, pour nombre de catholiques, que leur regard sur l'homosexualite joue dans ce debat, alors qu'elle etait consideree il n'y a pas si longtemps comme une maladie et que l'Eglise la condamne comme "un acteintrinsequement desordonne". Ce qui tend pour moi a montrer que beaucoup de catholiques n'arrivent plus a assumer franchement ce disours, et plutot que de s'en reclamer ouvertement ou qu'exprimer clairement leurs hesitations, en se concentrant sur les questions d'adoption (qui est ouverte aux celibataires), de PMA (qui existe egalement dans certains cas pour les heteros) et de "denaturation de l'institution du mariage" (comme si celle-ci n'etait pas deja denaturee par les divorces).
      Sinon, que penses tu de cet autre point de vue de jriste (quoiqu'il ne s'agisse pas d'un specialiste du droit de la famille mais d'un penaliste: http://www.maitre-eolas.fr/post/2013/01/22/Du-mariage-pour-tous-(2e-partie) ?

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    5. "On pourrait donc se marier sans avoir nécessairement envie d'avoir des enfants, ce qui légalement, dans notre droit, est une cause de NULLITE du mariage" : faux. Pas de nullité sur ce point.

      "si THEORIQUEMENT, il est possible d'annuler un mariage entre un homme et une femme pour défaut de relations sexuelles, et je ne veux pas faire ici d'homophobie, comment cela pourrait il être possible entre deux personnes de même sexe ?... Car pour le coup, c'est PRATIQUEMENT et THEORIQUEMENT impossible." : ??????????????

      J'aime l'apparence juridique du propos. Quand on écrit bien, on peut dire a peu près n'importe quoi!

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    6. J'enchaîne dans la foulée du commentaire laissé par la personne précédente.

      "etienneweb" le pseudo-juriste serait bien inspiré de revoir sa pyramide des normes. Comment une LOI pourrait-elle être "illégale" ? Elle ne pourrait être qu'inconstitutionnelle ou inconventionnelle.

      De toute manière, les masques tombent à la fin de son commentaire : il cherche à défendre l'Eglise catholique. Ce qui n'a absolument rien à voir avec de quelconques considérations juridiques (faut-il rappeler que le droit français est 100 % laïque, sauf paiement des ministres du culte en Alsace-Lorraine) ?
      Romu002

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    7. @ Anonyme (Romu 002 ?)

      Me faudrait il vous rappeler la teneur de l'article 146 du Code Civil ? Si d'aventure, je devais me marier avec une personne qui ne veut pas d'enfants, alors que moi, j'en veux, rien ne m'empêchera de demander la nullité du mariage pour vice du consentement, en l'occurence, de mon consentement. Je ne vous cache pas que ça risque d'être compliqué, mais l'action sera certainement recevable devant un tribunal. Relisez en ce sens l'arrêt Appietto.

      Je ne reviens pas sur votre ton mal à propos.

      "Comment une LOI pourrait-elle être "illégale" ? Elle ne pourrait être qu'inconstitutionnelle ou inconventionnelle."
      Je me demande si vous avez bien lu mon commentaire. Je n'ai à aucun moment abordé le sujet de la hiérarchie des normes. Et d'ailleurs, ce n'est pas du tout le sujet

      "De toute manière, les masques tombent à la fin de son commentaire : il cherche à défendre l'Eglise catholique. Ce qui n'a absolument rien à voir avec de quelconques considérations juridiques".
      Ah ! C'était donc ça : je cherche à défendre l'Eglise catholique, et dans cette hypothèse, je n'ai pas le droit de formuler quelque considération juridique à ce sujet.
      Je reprends donc juste le début d'un introduction de mémoire sur le thème du mariage :
      "Dans son Discours préliminaire sur le projet de Code civil, Portalis définit le mariage comme «la société de l’homme et de la femme qui s’unissent pour perpétuer leur espèce, pour s’aider par des secours mutuels à porter le poids de la vie et pour partager leurcommune destinée ». A ses yeux, cette union constituait « le rapprochement de deux sexes que la nature n’a faits si différents que pour les unir ». Bien que formellement sécularisée, la conception du mariage retenue par le Code Napoléon reste de facto très attachée à la doctrinede l’Eglise selon laquelle «l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme ». Le principe chrétien selon lequel « le mariage émancipe » est préservé par les rédacteurs du Code civil, (...)" fin de citation
      source : http://www.academia.edu/997478/Les_conflits_de_qualifications_en_matiere_de_mariage_entre_personnes_de_meme_sexe_et_de_partenariat_enregistre_dans_le_cadre_europeen

      Apparament donc, Portalis lui-même s'inspirait de la doctrine sociale de l'Eglise. Et je n'aurai pas le droit de dire qu'avec le mariage pour tous, le législateur français s'écarte de l'enseignement social de l'Eglise et même le rejette ? Vous faites là un piètre démocrate...

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  5. Precedent commentaire: lire: "esquivent en se concentrant sur"
    (desole pou les coquilles: je ne suis pas chez mioi et redige de mon telephone prtable).
    Sinon as tu pris connisasance dans les textes de ces fameuses etudes de genre? Ils circule en milieu catho beaucoup de contre sens et d'idees fausses sur elles qui decredilisent la position de l'Eglise aux yeux d'un certain nombre d'universitaires et de militants, et contribuent fortemement a ce dialogue de sourds, beaucoup plus selon moi que cette supposee "cathophobie" en laquelle je ne crois toujours pas (d'autant que j'ai echabge avec des pro mariage homo qui accueillauent avec joie le debat avec des cathos tant qu'il etait serein et constructif)...

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    1. Bonsoir Manu,

      Je viens de lire l'article écrit par l'ami Eolas... Pour un pénaliste, ce n'est pas mal du tout, et en résumé, nous avons plutôt la même anayse, à cette différence près que je ne partage pas son point de vue concernant le droit que nous avions de manifester... Il est possible effectivement que beaucoup de gens soient venus parce qu'on leur a bourré le mou avec l'homosexualité, et je regrette également que l'ami Eolas se sente obligé de critiquer à ce titre le comportement des manifestants avec un ton qui n'a rien de juridique d'ailleurs (du style, Frigide Bardot devait être à la piscine quand Jospin a fait passer le projet de loi de 2001 sur l'égalité des droits des enfants naturels et adoptifs)... Franchement bof...
      Moi, je suis catho, alors j'ai une vision catho de ce projet de loi.

      Sur la "dénaturation du mariage" : tu indiques qu'il est déjà dénaturé à cause du divorce. Je ne partage pas cet avis, en fait, et Maître Eolas explique très bien pourquoi d'ailleurs : parce qu'en France, le mariage est un contrat et une institution. Le divorce n'est pas une institution. Je ne vais pas te faire un cours de droit de la famille, mais dans l'état actuel de notre droit, si le conjoint ne veut pas divorcer, il a le droit : exit alors le divorce pour consentement mutuel, et il ne reste que le divorce pour faute ou le divorce pour rupture de la vie commune. Je vois ainsi des dossiers de divorce trainer pendant plus de 10 ans dans mon placard. Le divorce pour consentement mutuel nécessite un accord des deux époux, sur tout. En ce sens, on pourrait presque parler de "contrat" de divorce. Je pense d'ailleurs que c'est une des raisons pour lesquelles les homosexuels ne se marieront pas, parce que le mariage oblige fidélité, et que l'infidèle peut se voir rester contraint de rester dans les liens du mariage parce que le fidèle ne veut pas divorcer... Ca se voit dans les couples bien plus qu'on ne le pense, et dans l'absolu, je ne suis pas certain que ce soit la philosophie des couples de même sexe.

      Pour les études de "genre" finalement reconnues dans les textes du Code Civil... Il est vrai qu'en amont du mariage pour tous, il y a ces études de genre, qui permette de penser autrement la vie sexuelle. Il y a là toute une philosophie à l'origine de cette révolution sociale (qu'o le veuille ou non). Mais je ne les ai pas étudiées plus que ça.

      Pour les couples de même sexe qui refusent le PACS : je ne sais pas pourquoi ils refusent... Je me cantonne à des explications juridiques et fiscales, et après, ils en font bien ce qu'ils veulent! C'est un constat, ni plus ni moins, et cela ne relève que de mon expérience professionnelle personnelle.

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  6. je me permets un petit commentaire pour vous féliciter sur le recul que vous avez sur vous même, sur les préjugés qu'on a tous (y compris les homosexuels) sur l'homosexualité.

    Il y a des passages très touchants dans votre texte

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    1. Et je me joins à sylvain.

      On fait de notre mieux, mais le poids de l'éducation qu'on a reçue, du milieu dans lequel on a grandi, ne s'efface pas du jour au lendemain. L'important, c'est de ne jamais relacher ses efforts.

      Bonne chance à vous, et bonne route

      Arioch, pas chrétien, mais métalleux ;-)

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  7. Je tombe ici (un peu tardivement) via Rue89... J'ai beau être un homme, hétéro, athée et pas franchement copain avec la religion (quand bien même je respecte la foi de chacun, que ce soit une foi en Dieu, en l'Homme ou en une cause quelconque), après la lecture de votre texte, je vous épouserais presque !
    Pas seulement pour son ouverture d'esprit et son recul, mais aussi pour le chemin spirituel que vous avez parcouru et les remises en question que vous avez su faire (même si vous vous sous-estimez peut-être un peu : vous êtes devenu plus compétent que la plupart des personnes qui s'expriment sur ces sujets).
    Je crois que le respect de l'autre et de ses différences va rarement de soi, qu'il dépends pour beaucoup d'une bonne volonté (foi humaniste ou foi déiste, peu importe), et qu'on le construit soi-même à l'aide des matériaux que l'on nous fournis... je ne sais ce que ce long texte que vous avez pris la peine d'écrire apportera en bien à ses lecteurs, mais afin que vous sachiez que vous ne vous êtes pas donné cette peine en vain, je voulais que vous sachiez qu'il aidera au moins à maintenir en place mon respect des croyants.

    Sincèrement cordialement,
    Pierre

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